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 L'Auvergne Vue par Papou Poustache

La bête du Gévaudan en Auvergne

10 Novembre 2016, 07:00am

Publié par Papou Poustache

On parle de réintégration du loup en Auvergne

Voici un petit rappel d'une histoire que notre région a vécu.

Documents des archives départementales et témoignages de l'époque.

On associe les méfaits de cette bête au département de la Lozère et plus particulièrement à Marvejols et St Chély toutefois il faut savoir que celle -ci a sévit dans la Haute-Loire et le Cantal comme l’atteste les archives départementales du Puy de Dôme.

Vous allez dire encore un article un de plus, oui mais Cet article ne fait que relater quelques fait issues des archives départementales et ne concerne que l'Auvergne et chacun se fera une idée en allant consulter le dossier complet d'archive qui est disponible sur ce lien.

http://www.archivesdepartementales.puydedome.fr/archives/fonds/FRAD063_000030008/n:19

En juin 1764, une femme est attaquée par une bête féroce près de Langogne dans le Gévaudan. Quelques semaines plus tard, la bête reparait et à partir de cette date jusqu'en 1767, les attaques se multiplient sur le territoire actuel des départements de la Lozère, de la Haute-Loire, du Cantal.

De nombreuses battues sont organisées par les autorités pour débusquer la bête mais en vain. En septembre 1765, Antoine, porte-arquebuse envoyé par le Roi, tue un loup d'une taille imposante qui est reconnu par des témoins comme étant la bête responsable des attaques. Toutefois, celles-ci continuent mais le Roi, convaincu qu'Antoine a abattu la bête du Gévaudan, refuse d'intervenir. Finalement, en 1767, un nommé Chastel tue un animal décrit comme semblable au loup mais avec des différences. A la suite de cela, les attaques cessent.

Les attaques de la bête en Haute-Auvergne expliquent que les Archives départementales conservent dans le fonds de l'intendance d'Auvergne un certain nombre de dossiers relatifs à la bête et à la lutte contre celle-ci.

En fin d'articles vous verrez des extraits des archives départementales du Puy de Dome pour voir en intégralité tous les documents voici le lien.

http://www.archivesdepartementales.puydedome.fr/archives/fonds/FRAD063_000030008/n:19

En Haute Loire

Elle a sévit à Saugues et aux environs de Chanaleilles jusqu'à Langogne mais aussi autour de Langeac.

Dans cette lettre on voit les villages de Pinols et Desges

Lettre de M. Fournier, curé de La Besseyre-Saint-Mary, du 6 décembre 1765, racontant la lutte soutenue contre la bête par deux drôles de sa paroisse, l'un âgé de 6 à 7 ans, l'autre de 13 à 14 ; - lettre de M. Ollier, curé de Saint-Sébastien de Lorcières, chanoine de Sainte-Geneviève, du 28 décembre 1765, prétendant que l'on n'a pas tué l'animal qui avait fait tant de ravages ; la bête a dévoré le 21 décembre Agnès Mourgues, de la paroisse de Lorcières, âgée de 12 ans ; - correspondance à ce sujet de l'intendant avec MM. D'Ormesson et de L'Averdy ; - lettre de M. de Montluc, du 26 janvier, au sujet des nouvelles adressées par le curé de Lorcières ; - nouvelle lettre de M. Ollier à l'intendant, du 7 février 1766, au sujet des reproches que lui a faits M. de Montluc d'avoir envoyé au ministre une relation des accidents survenus dans sa paroisse ; - réponse de l'intendant ; - procès-verbal des blessures reçues par Jeanne Delmas, le 14 février 1766 ; - procès-verbal de la mort d'une petite fille de 6 ans, de la paroisse de Clavières ; - lettre de M. Gibergues, curé de Clavières, du 26 avril 1766, donnant la description d'une seconde bête qui a paru dans sa paroisse ; - lettres de M. de Boissieux, au sujet de deux enfants attaqués par la bête à Pinols et Desges ; - "Relation sincère et exacte des évènements fâcheux qui sont arrivés pendant le cours de l'année 1765, par la bête féroce dans la paroisse de Lorcières, diocèse et élection de Saint-Flour" par M. Ollier, curé de Lorcières ; - "Description de l'antropophage ou de l'animal féroce qui désole et ravage le païs des frontières du Gévaudan et d'Auvergne que l'on caractérise de monstre en sa nature" par le même M. Ollier.

Dans celle ci on voit qu'une personne a été dévorée à Venteuge près de Saugues

Lettres du chevalier de Montluc et de M. d'Enneval fils, datées de Saint-Alban le 3 mai 1765 : la bête a été tirée et blessée par MM. De Marlet, seigneurs de la Chalmette ; - lettre de M. de Verny de La Vedrine, du 8 mai, sur les ravages de la bête dans les paroisses de Nozerolles et d'Auvers ; - lettre de M. Hébert, datée de Verrières près de Sceaux le 14 mai 1765, indiquant un nouveau stratagème si le premier n'a pas réussi ; - lettre de M. Marie, du 15 mai, annonçant que la bête a attaqué quatre petits garçons du village d'Auverts, paroisse de Nozerolles ; il la mirent en fuite ; - correspondance de l'intendant avec M. de Saint-Florentin et le contrôleur général ; - lettre de M. d'Enneval, du 23 mai, annonçant qu'il y a eu encore une femme dévorée dans la paroisse de Venteuge ; - lettre de M. de Verny de la Védrine, demandant l'autorisation de faire une battue dans son canton avec quelques bons tireurs ; - lettre de M. d'Enneval, juin 1765, au sujet des nouvelles victimes et donnant le détail d'une nouvelle battue ; la bête s'est réfugiée dans les bois de Lorcières ; - lettre de M. de Ballainvilliers, du 24 juin, adressant à M. de Montluc des piques qu'il fera distribuer aux paysans des villages où la bête paraît plus fréquemment.

La bête du Gévaudan en Auvergne
La bête du Gévaudan en Auvergne

Dans le Cantal

En Margeride vers st Poncy dans la région de st Flour nous avons même un texte de Mauriac.

Battue partant de Chély Jusqu'à St Flour

Lettre de M. de Montluc, du 30 janvier 1765, annonçant que la bête a reparu du côté de Saint-Chély et qu'on a décidé une battue générale pour le 7 février ; lettre circulaire imprimée adressée dans les paroisses pour annoncer et organiser la battue ; - lettre de M. Marie, du 9 février 1765, annonçant que 7 paroisses de sa subdélégation sont parties le 7 au matin ainsi qu'il avait été ordonné et qu'elles marcheront jusqu'à la rencontre de celles de Saint-Flour ; - lettre de M. de Montluc, du même jour, annonçant que la chasse n'a pas réussi ; - lettre du même, du 13 février 1765, annonçant que la bête fut lancée le 7, jour de la chasse, à deux lieues de Saint-Chély ; on a vu une autre bête du côté de Saint-Poncy ; - ordonnance de l'intendant, du 13 février, prescrivant une nouvelle battue ; - lettre de M. d'Enneval, gentilhomme de la province de Normandie, envoyé par le roi pour diriger la chasse, datée de Massiac le 21 février 1765 ; - lettre du même, du 4 mars ; - lettre de M. Marie, du 4 mars, rapportant que M. de Verny de la Vedrine, gentilhomme verrier, résidant dans la paroisse de Nozerolles, a déclaré avoir vu passer la bête devant sa verrerie le 12 février dernier ; il prétend lui avoir cassé une patte d'un coup de fusil ; - lettre de M. d'Enneval, du 9 mars, annonçant qu'il attend toujours ses chiens ; - correspondance de l'intendant avec M. de L'Averdy ; - lettre de l'abbé du Rochain, comte de Brioude, annonçant que la bête vient d'attaquer une fille de 25 ans auprès de Ligonès ; - lettre de M. Hébert, datée de Verrières le 22 mars ; il a appris par les gazettes les ravages que fait "la hiène" qui est dans la province ; il conseille une ruse qu'il a vu réussir contre un fort loup-cervier ; - lettre de M. d'Enneval, datée de Saint-Alban le 17 avril 1765 ; - lettre de M. de Montluc, du 24 avril, annonçant que son beau-frère a été rejoindre M. d'Enneval, et proposant de faire distribuer quelques armes à feu dans les villages ; - lettre de M. d'Enneval, datée du Malzieu le 31 avril 1765, informant l'intendant que dans une battue de douze paroisses la bête fut surprise, mais put s'échapper ; dans une seconde battue, on tua une petite louve pesant 40 et quelques livres.

Dans cette correspondance il est relaté une attaque aux environs de St Flour

Correspondance de l'intendant, de MM. De L'Averdy, Lafont, etc. Au sujet des secours demandés par M. Antoine ; - procès-verbal dressé par ce dernier de la lutte entre la bête et une jeune fille de Paulhac, Marie-Jeanne Vallet, servante de Bertrand Dumont, curé de la paroisse ; lettre de M. Antoine, envoyant le procès-verbal ci-dessus, le 13 août 1765 ; - lettre du sieur Regnault, adressant de Saint-Germain-en-Laye une caisse remplie de pièges à loups et les hardes et bagages des gardes des Plaisirs du roi ; - lettre de M. Antoine, datée du Besset le 21 août 1765, annonçant que les battues se font mieux grâce à l'aide des cavaliers de maréchaussée ; - procès-verbal dressé par M. Antoine et ses compagnons de la découverte d'une fille de 12 ans, enlevée par la bête au village de la Vachalerie, paroisse de Paulhac et transportée dans le bois d'Almand, le 9 septembre 1765 ; - autre procès-verbal par le même, du 12 septembre, de l'attaque du nommé Gouny, muletier, par la bête sur la route de Saint-Flour à Paulhac ; - autre procès-verbal du même, du 13 septembre, contenant les déclarations faites par deux jeunes garçons de la paroisse de Teissèdre qui ont été attaqués par la bête et ont pu la mettre en fuite ; - procès-verbal du 14 septembre : une petite fille a été emportée au hameau de Pepinet, paroisse de Ventuéjols ; - lettre de M. Antoine, du 17 septembre, annonçant qu'il a renoncé aux battues ; - procès-verbal dressé par M. Antoine et ses compagnons de la chasse qu'ils ont faite le 19 septembre 1765, dans les bois de l'abbaye des Chazes ; - lettre de M. Antoine, du 23 septembre, priant l'intendant de faire peindre la bête telle qu'elle est ; - réponse de l'intendant, annonçant qu'il fait peindre l'animal et qu'il le fera embaumer ; M. de Ballainvilliers remarque que plusieurs des caractères que présente l'animal sont propres à l'hyène d'après M. de Buffon ; - lettre du même, du 28 septembre, annonçant qu'il poursuit la veuve et les enfants du grand loup qu'il vient de tuer ; correspondance à ce sujet de l'intendant avec MM. Bertin, de Maupeou, de Saint-Florentin ; procès-verbal de la préparation pour conserver le loup en question que l'on envoie à la Cour, par M. Jaladon, chirurgien à Clermont ; - lettre de M. Antoine, datée du Besset le 5 octobre 1765, annonçant qu'il continue à suivre la louve et les louveteaux dans les bois de l'abbaye des Chazes ; - lettres adressées à M. Antoine, de Versailles, par sa femme et sa fille, le félicitant du succès de sa chasse ; - procès-verbal (imprimé) fait en présence de Madame de Lugeac, abbesse de l'abbaye des Chazes en Auvergne, de M. Lafont, de M. Pic, curé de cette paroisse, des sieurs Pélissier, Regnauld et Dumoulin, gardes-chasse de la capitainerie royale de Saint-Germain-en-Laye, des sieurs Lesteur et Lachenay, gardes-chasse de S. A. S. Mgr le duc de Penthièvre, et des sieurs Lafeuille et Berry, valets de limiers de l'équipage de la Louveterie du roi, concernant la mort de la louve blessée par le sieur Regnault et tuée par deux paysans de Langeac, à environ vingt pas de l'endroit où M. Antoine avait tué le grand loup ; - correspondance de l'intendant avec le duc de Choiseul, le contrôleur général, MM. Bertin et de Saint-Florentin ; M. de Ballainvilliers adresse à M. de Saint-Florentin le portrait de l'aniaml ; M. de Saint-Florentin annonce qu'il l'a fait voir au roi et remercie ; - lettre de M. Antoine à l'intendant, datée de Versailles le 28 décembre 1765.

La bête du Gévaudan en Auvergne
La bête du Gévaudan en Auvergne
La bête du Gévaudan en Auvergne
La bête du Gévaudan en Auvergne

L'affaire est montée à la capitale

L'affaire était tellement importante que Sa Majesté a pris le parti d'envoyer le sieur Antoine, son porte-arquebuse avec six autres tireurs habiles et de bons chiens

Voici quelques correspondances

Correspondance de MM. D'Ormesson, de Ballainvilliers, Lafont, au sujet des dépenses que devra faire M. Antoine ; - lettre de ce dernier, du 27 juillet, adressant à l'intendant copie d'un mémoire qu'il envoie au comte de Saint-Florentin pour engager ce ministre à solliciter du roi les secours nécessaires ; - observations présentées à M. de Saint-Florentin, ministre et secrétaire d'Etat, ainsi qu'aux commandants et intendants de Languedoc et d'Auvergne par le sieur Antoine, lieutenant des chasses du Roi ; - lettre de M. Antoine, du 29 juillet, se plaignant qu'on ne l'avertisse pas de suite des passages de la bête.

Lettres de M. de Saint-Florentin, des 8 et 14 juin 1765, annonçant que Sa Majesté a pris le parti d'envoyer le sieur Antoine, son porte-arquebuse avec six autres tireurs habiles et de bons chiens ; - lettre de M. Polluche-Lumina, datée d'Orléans le 17 juin 1765 ; - note des objets que demande M. Antoine ; ordres donnés en conséquence ; - lettre de M. d'Enneval, du 21 juin, annonçant qu'il attendra M. Antoine au Malzieu ; - lettre de M. de Montluc, du 22 juin, adressant à l'intendant la peinture de la bête du Gévaudan ; - dessin à la plume rehaussé de couleurs, représentant la bête déchirant un enfant ; au bas : "A Mende chez Abraham Fontanel" ; - lettre de M. Antoine, du 24 juin 1765, annonçant son arrivée à Saugues ; - lettre de M. d'Enneval au sujet des nouveaux ravages de la bête ; lettre de M. Lafont sur le même sujet, datée de Saugues ; - lettre de M. d'Enneval, annonçant une nouvelle attaque contre le cheval du courrier entre Serverette et Saint-Amans ; - lettres de M. Antoine, juillet 1765, exposant les précautions qu'il a prises ; correspondance à ce sujet de l'intendant avec le contrôleur général, M. de Saint-Florentin, M. de Montluc, M. Lafont, subdélégué à Mende ; - ordonnance de M. de Saint-Priest, intendant de Languedoc, datée de Montpellier le 6 juillet 1765, donnant des ordres pour les fournitures à faire à M. Antoine (placard, Mende, veuve de François Bergeron) ; - ordonnance de M. de Ballainvilliers conçue dans le même sens ; - instruction pour les battues par M. Antoine, en vertu des ordres de M. le comte de Moncan (placard, Mende, veuve François Bergeron) ; - lettre de M. Antoine, du 18 juillet, annonçant le départ de MM. D'Enneval ; - lettre de M. Antoine, du 24 juillet 1765, annonçant que la veille un enfant de neuf ans a été dévoré dans la paroisse de Nozerolles.

La bête du Gévaudan en Auvergne
La bête du Gévaudan en Auvergne
La bête du Gévaudan en Auvergne
La bête du Gévaudan en Auvergne
La bête du Gévaudan en Auvergne
La bête du Gévaudan en Auvergne
La bête du Gévaudan en Auvergne

Un témoignage envoyé suite à la parution de l'article.

Merci Jean-Michel.

La bête du Gévaudan en Auvergne

Commenter cet article

Marie Paul 15/03/2016 07:03

j ai travaillé dans des Archives, ce n'est encore pas si loin. Ravie de retrouver ces vieilles écritures
(terriers, vieux paroissiaux ...)
merci encore, je relirai ; c'est encore mieux à travers ces vieux documents

Marie Paul 15/03/2016 06:59

j'ai lu lorsque j'étais toute jeune ; + thèses étaient avancées, je penche pour la thèse du sadique ; les pauvres bêtes ont bon dos !

bondurri 26/12/2014 07:48

quelle histoire !!bon vendredi amitié bises a vous 2 !!

Papou poustache 29/12/2014 20:30

Légende ou pas il y a des documents dans les archives départementales

courbaize@voila.fr 29/12/2014 17:37

C'EST UNE LEGENDE.....