Le drame du cochonet récalcitrant
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Le drame du cochonnet récalcitrant
C’était un samedi de juillet à Auzon, 15h, 38° à l’ombre. La finale du tournoi de la Saint-Jean opposait l’équipe de Marcel "La Ficelle" et son fils Kévin, à celle du garde champêtre, Robert, et de sa nièce Chantal, championne départementale 2019 mais surtout imbattable au barbecue.
Score : 12 à 12. La dernière mène. Tout le village est là, terrasses pleines, pastis qui transpirent plus vite que les joueurs.
Marcel pointe. Parfait. À 3 cm du cochonnet. Robert, suant sous son képi, doit tirer. Il vise, s’élance, lâche sa boule... et là, miracle d’Auzon : sa boule tape le cochonnet, qui part comme une fusée, rebondit sur la 2CV du curé, effraie le chat de la Mairie, et va se loger pile dans le panier à salade de Madame Ginette qui revenait du jardin des senteurs.
Silence de cathédrale. Puis Ginette, sans lever les yeux de son panier :
"Robert, tu me dois une salade... et tu viens désherber mon chemin de ronde demain à 8h30 !"
Marcel a gagné 13-12. Robert a perdu, mais il a écopé de travaux d’intérêt général au jardin participatif. Depuis, à Auzon, on dit que pour gagner à la pétanque, il faut soit viser juste, soit avoir Madame Ginette dans son équipe.
Moralité :
À Auzon, le vrai gagnant c’est toujours le pastis qu’on partage après. Surtout si Kévin amène les olives.